Nommer, c’est assigner : ce que les ESAT doivent changer maintenant

ChatGPT Image 28 mars 2026, 12_09_45

 

🧠“ESAT : et si le vrai enjeu n’était ni les données ni les dispositifs… mais la manière dont on nomme les personnes ?” 

 


🧭 Lors d’un rendez-vous client, une scène banale. 

Un dirigeant s’adresse à un salarié… en le ramenant à ses origines.

Rien d’agressif.
Mais quelque chose de profondément révélateur.

👉 Nommer, c’est déjà assigner.

Et c’est à ce moment précis qu’une question surgit :

Et nous, dans le médico-social… comment nommons-nous les personnes ?

Dans les ESAT, les termes ont évolué :

  • “travailleurs handicapés”
  • puis “travailleurs”
  • aujourd’hui “personnes accompagnées”

Mais au fond, une constante demeure :

👉 Nous continuons à nommer les personnes à partir de leur statut.

Et si c’était là une limite majeure de notre modèle ?


🧠 1. SERAFIN-PH : la montée en puissance des données… et du langage

Avec SERAFIN-PH, le secteur entre dans une nouvelle ère :

  • standardisation
  • nomenclatures
  • indicateurs
  • traçabilité

👉 Un objectif légitime : mieux piloter, mieux coordonner.

Mais un risque apparaît :

réduire la personne à une catégorie, une donnée, un statut.

Et cela ne passe pas uniquement par les outils.
Cela passe aussi par… les mots.


🏛️ 2. Francis Wolff : l’humain est un être de langage

Dans Humanité, d’Aristote aux neurosciences, Francis Wolff rappelle une idée fondamentale héritée de Aristote :

👉 L’homme est un être de langage.

Ce que cela signifie concrètement :

  • Le langage ne décrit pas seulement la réalité
  • Il la construit

👉 Donc :

Comment nous nommons les personnes détermine la manière dont nous les pensons.


⚠️ 3. “Personne accompagnée” : un progrès… ou une nouvelle réduction ?

Le terme “personne accompagnée” part d’une intention positive :

✔ sortir d’une logique de handicap
✔ mettre en avant l’accompagnement

Mais dans les faits :

👉 il reste centré sur le dispositif

  • la personne est “accompagnée” → donc dépendante d’un cadre
  • elle est définie par sa relation au médico-social

💥 Résultat :

On ne voit plus un professionnel… mais un statut.


🔁 4. Le parallèle avec le monde de l’entreprise

Dans une entreprise classique :

  • on ne dit pas “personne salariée”
  • on ne dit pas “individu sous contrat”

👉 on dit :

  • un cuisinier
  • un agent d’entretien
  • un mécanicien
  • un préparateur de commandes

💡 Pourquoi ?

Parce que :

on définit la personne par sa compétence, pas par son statut.


🚀 5. Et si les ESAT changeaient de paradigme ?

👉 Et si on disait simplement :

  • un serveur
  • un paysagiste
  • un blanchisseur
  • un agent logistique

Le statut existe.
Il est indispensable.
Il ouvre des droits.

Mais :

il n’a pas besoin d’être rappelé en permanence dans le langage courant.


⚡ 6. Le vrai enjeu : passer du statut à l’identité professionnelle

Nous sommes à un moment charnière.

SERAFIN-PH structure les données.
Les ESAT structurent leur offre.

Mais le véritable basculement est ailleurs :

👉 dans la manière dont on parle des personnes.

💥 Conclusion

“On n’inclut pas quelqu’un en le définissant par ce qui le distingue.
On l’inclut en reconnaissant ce qu’il fait, ce qu’il produit, ce qu’il apporte.”

Et peut-être que le premier acte d’inclusion…
ce n’est pas un dispositif.

👉 C’est un mot.


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Ludovic – IPSIS
Organisation du travail, inclusion et autodétermination en ESAT