Nommer, c’est assigner : ce que les ESAT doivent changer maintenant
🧠“ESAT : et si le vrai enjeu n’était ni les données ni les dispositifs… mais la manière dont on nomme les personnes ?”
🧭 Lors d’un rendez-vous client, une scène banale.
Un dirigeant s’adresse à un salarié… en le ramenant à ses origines.
Rien d’agressif.
Mais quelque chose de profondément révélateur.
👉 Nommer, c’est déjà assigner.
Et c’est à ce moment précis qu’une question surgit :
Et nous, dans le médico-social… comment nommons-nous les personnes ?
Dans les ESAT, les termes ont évolué :
- “travailleurs handicapés”
- puis “travailleurs”
- aujourd’hui “personnes accompagnées”
Mais au fond, une constante demeure :
👉 Nous continuons à nommer les personnes à partir de leur statut.
Et si c’était là une limite majeure de notre modèle ?
🧠 1. SERAFIN-PH : la montée en puissance des données… et du langage
Avec SERAFIN-PH, le secteur entre dans une nouvelle ère :
- standardisation
- nomenclatures
- indicateurs
- traçabilité
👉 Un objectif légitime : mieux piloter, mieux coordonner.
Mais un risque apparaît :
réduire la personne à une catégorie, une donnée, un statut.
Et cela ne passe pas uniquement par les outils.
Cela passe aussi par… les mots.
🏛️ 2. Francis Wolff : l’humain est un être de langage
Dans Humanité, d’Aristote aux neurosciences, Francis Wolff rappelle une idée fondamentale héritée de Aristote :
👉 L’homme est un être de langage.
Ce que cela signifie concrètement :
- Le langage ne décrit pas seulement la réalité
- Il la construit
👉 Donc :
Comment nous nommons les personnes détermine la manière dont nous les pensons.
⚠️ 3. “Personne accompagnée” : un progrès… ou une nouvelle réduction ?
Le terme “personne accompagnée” part d’une intention positive :
✔ sortir d’une logique de handicap
✔ mettre en avant l’accompagnement
Mais dans les faits :
👉 il reste centré sur le dispositif
- la personne est “accompagnée” → donc dépendante d’un cadre
- elle est définie par sa relation au médico-social
💥 Résultat :
On ne voit plus un professionnel… mais un statut.
🔁 4. Le parallèle avec le monde de l’entreprise
Dans une entreprise classique :
- on ne dit pas “personne salariée”
- on ne dit pas “individu sous contrat”
👉 on dit :
- un cuisinier
- un agent d’entretien
- un mécanicien
- un préparateur de commandes
💡 Pourquoi ?
Parce que :
on définit la personne par sa compétence, pas par son statut.
🚀 5. Et si les ESAT changeaient de paradigme ?
👉 Et si on disait simplement :
- un serveur
- un paysagiste
- un blanchisseur
- un agent logistique
Le statut existe.
Il est indispensable.
Il ouvre des droits.
Mais :
il n’a pas besoin d’être rappelé en permanence dans le langage courant.
⚡ 6. Le vrai enjeu : passer du statut à l’identité professionnelle
Nous sommes à un moment charnière.
SERAFIN-PH structure les données.
Les ESAT structurent leur offre.
Mais le véritable basculement est ailleurs :
👉 dans la manière dont on parle des personnes.
💥 Conclusion
“On n’inclut pas quelqu’un en le définissant par ce qui le distingue.
On l’inclut en reconnaissant ce qu’il fait, ce qu’il produit, ce qu’il apporte.”
Et peut-être que le premier acte d’inclusion…
ce n’est pas un dispositif.
👉 C’est un mot.
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Ludovic – IPSIS
Organisation du travail, inclusion et autodétermination en ESAT