Changer les représentations.
Lutter contre les préjugés.
Faire évoluer les mentalités.
Ces combats restent essentiels.
Mais aujourd’hui, ils ne suffisent plus.
À l’association IPSIS, au sein de nos ESAT ÉLISA et de l’ESAT Open Provence, une conviction s’est progressivement imposée :
👉 l’inclusion ne se joue pas seulement dans le regard porté sur les personnes, mais dans l’organisation concrète du travail.
Le secteur médico-social s’est historiquement construit autour d’une mission fondamentale : protéger.
Protéger des ruptures.
Protéger de l’échec.
Protéger d’un monde du travail parfois dur, rapide, normé.
Cette logique a permis d’éviter de nombreuses exclusions.
Mais elle a aussi produit, parfois malgré elle, un effet pervers :
👉 confondre protection et mise à distance durable du réel.
Or, lorsque la protection devient une finalité en soi,
elle peut réduire ce qu’elle cherche précisément à défendre :
la capacité d’agir, de choisir, de progresser.
Les travaux contemporains sur l’autodétermination, notamment ceux de Michael Wehmeyer et Karrie A. Shogren, ont profondément renouvelé notre compréhension du handicap intellectuel.
Ils montrent que :
le handicap n’est pas une incapacité à décider,
mais une situation où la capacité d’agir dépend étroitement de l’environnement.
Autrement dit, le pouvoir d’agir ne réside pas uniquement dans la personne.
Il est produit – ou empêché – par l’organisation.
Un poste trop rigide.
Une règle implicite.
Une décision prise « pour le bien ».
Un rythme inadapté.
Autant d’éléments qui peuvent réduire l’agentivité, même avec les meilleures intentions.
L’un des grands malentendus autour de l’inclusion reste la question de l’exigence.
Comme si inclure impliquait nécessairement de renoncer à toute attente.
L’expérience de terrain montre exactement l’inverse.
👉 Ne rien attendre de quelqu’un, c’est déjà l’exclure.
Un cadre clair rassure.
Une exigence adaptée sécurise.
Une progression visible valorise.
À l’inverse, faire à la place, décider à la place, éviter toute difficulté,
peut produire une forme d’infantilisation involontaire.
Cette vigilance n’est pas nouvelle.
Déjà, Friedrich Nietzsche alertait sur les effets d’une bienveillance qui, sous couvert de protection, finit par affaiblir la capacité à se confronter au réel.
Lorsqu’une difficulté apparaît, le réflexe institutionnel est souvent individuel :
« il n’y arrive pas »,
« elle n’est pas prête »,
« ce n’est pas pour elle ».
Pourtant, dans de nombreux cas, un simple changement de cadre produit des effets spectaculaires :
adaptation des outils,
clarification des consignes,
ajustement des rythmes,
réorganisation du poste.
Cette approche rejoint une intuition forte de Gilles Deleuze :
un individu n’est pas défini par ce qu’il est, mais par ce qu’il peut faire dans un agencement donné.
L’inclusion devient alors une question d’ingénierie organisationnelle, pas de correction individuelle.
Le travail n’est pas seulement un moyen de produire.
Il est un lieu de reconnaissance sociale.
Être reconnu pour son travail par un client, un partenaire, une équipe,
c’est occuper une place lisible dans la société.
Cette idée traverse toute la philosophie sociale moderne, notamment chez Georg Wilhelm Friedrich Hegel, pour qui le travail permet à l’individu d’accéder à une reconnaissance mutuelle.
C’est pourquoi IPSIS défend une inclusion par le travail réel, utile, visible, inscrit dans des relations économiques concrètes.
Sans reconnaissance du travail, l’inclusion reste symbolique.
Les parcours professionnels ne sont jamais linéaires.
Ils sont faits d’essais, de ruptures, de reprises.
Pourquoi refuser cette réalité aux personnes en situation de handicap ?
Le droit à l’erreur n’est pas un renoncement.
C’est un levier d’apprentissage, à condition qu’il soit encadré et sécurisé.
Cette approche rejoint la pensée de Albert Camus, pour qui la dignité se construit dans l’action, même imparfaite, même contrainte.
Toute institution peut, sans le vouloir, produire de la dépendance.
Par ses routines.
Par ses règles historiques.
Par sa peur du risque.
Comme l’a montré Michel Foucault, le contrôle peut parfois se dissimuler derrière la protection.
C’est pourquoi l’inclusion n’est jamais acquise.
Elle exige une vigilance permanente sur nos pratiques, nos décisions et leurs effets réels sur le pouvoir d’agir.
Changer le regard est nécessaire.
Mais ce n’est pas suffisant.
👉 Inclure, c’est transformer l’organisation du travail.
👉 Inclure, c’est assumer une responsabilité collective.
À IPSIS, nous faisons le choix d’une inclusion :
exigeante,
lucide,
profondément humaine.
Une inclusion qui considère le travail comme un levier de dignité,
et l’organisation comme la clé du pouvoir d’agir.
Ludovic – IPSIS
Inclusion professionnelle • Organisation du travail • Pouvoir d’agir
L’association IPSIS accompagne entreprises et collectivités dans leurs démarches d’inclusion professionnelle et de responsabilité sociétale.
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